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18 juin 2014

Avenir des PE éducateurs en EREA : conclusions du groupe de travail académique du 17 juin 2014

Vendredi 13 juin, en début d"après-midi, le rectorat de Grenoble nous invitait à un groupe de travail relatif à l’organisation du service des éducateurs en internat dans les EREA le mardi suivant à 17h. La délégation FSU était au complet.

Les EREA aujourd’hui dans l’académie

Les EREA accueillent des élèves à partir de la classe de 6e, orientés en SEGPA et nécessitant pour beaucoup d’entre eux, un internat éducatif. On y trouve également des lycéens en CAP. Ce sont pour beaucoup d’entre eux des personnalités fragiles en grande difficultés scolaire et parfois porteurs de handicap. La journée, ces élèves sont pris en charge par des enseignants, PE spécialisés ou PLP (professeurs de lycée professionnel) ; les moments de vie collective sont assurés par des PE éducateurs (temps des repas, prise en charge après la classe jusqu’au coucher par des ateliers éducatifs, des veillées...) ainsi que la nuit.

Quatre EREA sont implantés dans notre académie : deux en Savoie, un en Isère et le dernier à Montélimar.

Depuis plusieurs années, des modifications sont intervenues :

- à l’EREA de Claix, depuis 2011, les nuits sont assurées par des AED (assistant d’éducation) ; les PE éducateurs ne travaillent donc plus la nuit mais jusqu’à 22h, heure théorique du coucher ; la capacité d’accueil des internes est passée de plus de 100 à 64 ;

- à l’EREA de Montélimar, le nombre de PE éducateurs a baissé, passant de 16 postes encore en 2012 à 9 à la rentrée prochaine ;

- à Chambéry et Albertville, la fermeture de postes est à l’ordre du jour de la rentrée 2014 en même temps que la mise en place du projet académique.

Partout, les fermetures de postes de PE éducateurs ont servi à mettre en place une Vie scolaire (conseiller principal d’éducation et surveillants). A la prochaine rentrée, on perd encore des postes au profit des AED qui prendront en charge la surveillance des nuits.

Le projet de circulaire académique

L’ objectif est simple : dans la cadre de la refondation de l’école et afin d’améliorer les résultats des élèves scolarisés en EREA, le souhait académique est de bénéficier de l’expertise des PE éducateurs, enseignants spécialisés option F, sur le temps de la journée plutôt que de "perdre" leurs compétences à surveiller des élèves la nuit.L’innovation pédagogique devient la marque de fabrique des EREA.L’exemple de l’EREA de Claix est parlant : le chef d’établissement, présent à ce groupe de travail, a présenté sa structure. Selon lui, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : augmentation du pourcentage de réussite au CGG, idem pour les CAP préparés au sein de l’EREA ; une baisse significative du nombre de journées d’exclusion... Il omet de préciser que ces statistiques sont réalisées sur un échantillon très faible d’élèves, sur un effectif en forte baisse, avec une année de référence 2010/2011 désastreuse au vu des moyens humains accordés à l’établissement.

Bien sûr, on ne peut qu’approuver la volonté du recteur de se doter de moyens conséquents pour faire réussir ces élèves et valoriser au passage cette filière particulière qu’est l’EREA. Le SNUipp-FSU a toujours pensé qu’avec plus de moyens, on se donnait plus de chances de réussir. En revanche, on peut s’étonner de la manière de procéder : la mise en place de ces moyens supplémentaires s’organise en fermant des postes et en redéfinissant les missions des PE éducateurs, alors que c’était de créations de postes dont les EREA avaient besoin, de postes de personnels spécialisés et pérennes. A noter aussi que les fonctionnements existant à Chambéry et Albertville donnent des résultats comparables à ceux de Claix en terme de réussite au CAP. Pourquoi changer une structure qui fonctionne ?

Ce projet soulève plusieurs problèmes :

- le nombre de postes de PE éducateurs continue à baisser ; le rectorat n’a pas pu nous rassurer en s’engageant à respecter un ratio de 1 PE éducateur pour 8 internes + 1 pour 25 1/2 pensionnaires ;

- la surveillance de nuit n’est plus considérée comme un temps éducatif et pourtant personne ne pourrait croire qu’à l’internant l’extinction des feux suffise à ce que les élèves s’endorment ; sans parler du réveil, de l’organisation du dortoir, du petit-déjeuner...

- la transformation de postes de PE en postes d’AED qui pourtant ne sont pas dans les mêmes BOP (Budget Opérationnel de Programme) : les premiers sont dans l’enveloppe dédiée aux personnels du premier degré alors que les seconds font partie de celle de la vie de l’élève. Il faudra donc nous expliquer comment cela est possible...

- les AED, certainement plein de bonne volonté et de qualités personnelles, sont majoritairement des jeunes, en préparation d’un concours ou en attente d’une embauche à durée indéterminée, surtout sans formation digne de ce nom et sans expérience, nécessaire pourtant avec le public des EREA. Ils ne peuvent apporter la stabilité éducative dont ont besoin ces élèves en grande difficulté (l’écrasante majorité des AED ne passe pas plus d’un an sur le poste, certains partent même en cours d’année). Le chef d’établissement passe d’ailleurs sous silence les problèmes récurrents des nuits. Deux exemples parmi la liste qui nous a été remise : un élève refuse de se lever, ne va pas prendre son petit-déjeuner puis agresse à coup de cadenas un AED (15 jours d’arrêt). Exclusion définitive de l’élève de l’établissement. Arrêt de travail pour l’AED de 14 jours. Démission de l’AED en Mai ; un autre jour on découvre que des élèves se filment avec leur téléphone portable dans des scènes graveleuses. Sans parler de ceux qui refusent de se coucher, de ceux qui empêchent les autres de dormir... Il nous est expliqué que quand les problèmes de ces élèves sont bien pris en charge la journée, les nuits sont calmes. Ce n’est pas l’avis des enseignants ;

- le temps de travail des PE éducateurs : à l’origine, leur statut prévoyait 34 h hebdomadaires, une nuit était décomptée 3 heures et les heures d’intervention pédagogique étaient pondérées : 1 heure comptait 1 heure 30. Un équilibre existait. Aujourd’hui, le rectorat souhaite qu’ils interviennent beaucoup plus sur des temps pédagogiques. Soit ils ont des missions d’enseignants et dans ce cas, comme tout PE dans l’ASH second degré, leur temps de travail est de 21h, soit ils poursuivent leurs missions de PE éducateurs et là, les nuits sont incluses.

D’ailleurs, en septembre 2008, le secrétaire général de l’académie, Bernard Lejeune, s’adressait aux directeurs des EREA de l’académie pour leur signifier la décision du Conseil d’Etat, par un arrêt pris en 2002, d’annuler les dispositions de la circulaire de 1974, définissant par exemple le décompte des heures de nuit. Aujourd’hui, la nuit est toujours équivalente à 3 heures de travail alors que par ce courrier, M. Lejeune demandait à ce que ce "service de garde" soit pris en compte pour sa durée effective.

Et puis la question essentielle que l’on peut se poser : les organisations syndicales ont obtenu du ministère un groupe de travail, avant la sortie ds classes, sur le sujet dont les conclusions aboutiront à une circulaire d’application pour la rentrée 2015. Pourquoi l’académie de Grenoble, la seule en France, décide t-elle de mettre en place ce projet dès septembre 2014 sans attendre les préconisations du ministère ?

Les organisations syndicales présentes ont demandé le report de cette "réforme" à la rentrée 2015 en attendant les conclusions du ministère. Après un mois de grève, par exemple en Savoie, les enseignants ne sont pas prêts à accepter de telles modifications de leurs statuts. De quel droit une académie peut-elle remettre en cause un statut national ? Comment tolérer les inégalités de traitement de fonctionnaire d’État sur le territoire ?

Nous aborderons à nouveau le sujet en CTA (Comité Technique Académique) lundi 23 juin.

 

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