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31 mars 2015

Comité de suivi académique des "rythmes scolaires" du 31 mars

Le 31 mars, le Comité de suivi académique des "rythmes scolaires" s’est réuni à Grenoble sous la présidence du Recteur, en présence de tous les IA-DASEN, IENA, ainsi que :

- les représentants des personnels (5 FSU, 2 Sgen, 2 Unsa)

- des représentants de la FCPE et la PEEP

- des représentants de la CAF

- des représentants de la FOL

- des maires

En introduction, le Recteur annonce que le comité est réuni afin de faire un bilan "pédagogique" de la réforme, qu’il considère comme étant une "brique" de la refondation de l’école en cours. Il évoque également "l’ambition solide" de cette réforme, qu’il faut conforter à l’aide de PEDT, qui permettent à tous les partenaires de "penser ensemble sur un territoire", et d’avoir une "analyse" et une "construction intéressante" de tous les temps de l’enfant.

A l’ordre du jour :

1) Bilan par département

2) Évaluation des expérimentations Hamon

3) PEDT

Avant d’entrer dans le détail de l’ordre du jour, les représentants des personnels SNUipp-FSU ont pris la parole, afin de faire remonter :

- la différence de traitement inacceptable entre public et privé dans l’application de la réforme

- la dégradation notable des conditions de travail des enseignants, la fatigue qui s’installe

- la désorganisation de l’école maternelle

- la dégradation des relations entre écoles et communes

- les inégalités territoriales qui s’accentuent

- les résultats de l’enquête nationale du SNUipp-FSU : 74 % des enseignants estiment que les difficultés liées au temps périscolaire impactent négativement

- le temps scolaire, 81 % estiment que leur vie personnelle est affectée négativement

- l’évaluation de la réforme, la question du calendrier

- les autres problématiques à traiter, avec des moyens suffisants : restauration de la formation continue, baisse des effectifs dans les classes, recréation des RASED, etc,

LIRE LA DECLARATION DU SNUipp-FSU

PDF - 118.6 ko
Déclaration liminaire Comité suivi des rythmes acad 31 03 2015

Réponses du Recteur suite à notre déclaration (calez-vous au fond de votre siège, attachez votre ceinture, décollage immédiat !) :

Il ne sait « pas comment répondre », et se sent « partagé ». Sa première réaction ensuite est de nous dire « Quel conservatisme ! », « On est en 2015 ». Dans le même temps, il se dit intéressé par ce que disent les représentants des personnels... (nous voilà rassurés). Donc, soit « on n’est pas sur la même planète », soit c’est lui qui est « has been ».La France a le taux d’échec le plus important de l’OCDE, et il faudrait attendre pour y remédier ? « Non, il faut y aller ». Il ne nie pas les difficultés, mais « comment pourrait-il ne pas y en avoir ? ». Lui-même défend profondément ce projet éducatif.

- On parle de dégradations des conditions de travail : il y a un changement, il ne le nie pas.

- Les enfants sont fatigués ? Oui, si la manière d’enseigner n’a pas bougé.

- Les relations difficiles avec les communes : oui, bien sûr, mais pas partout. « Discutons-en », « Construisons ensemble ».

- Les inégalités, non, ce serait même plutôt l’inverse. Il remercie les communes qui ont investi, et, « fut-ce avec une contribution * », c’est mieux de proposer des TAP que rien (* contribution financière des familles).

- La question de la maternelle, oui, la Ministre l’a dit, cette question est devant nous.

- On a raison, il n’y a pas assez d’engagement dans l’évaluation de la réforme, et, on a raison, cette réforme n’est pas dissociable des autres actions à mener.

- Pour ce qui est des finances : nous traversons une période difficile. Le gouvernement a mobilisé des financements importants pour l’éducation. Cet effort est « difficile à mettre en œuvre » alors que la dépense publique augmente, tandis que les richesses produites stagnent.

- Sur la corrélation entre temps de travail / réussite des élèves, il a lu que cette corrélation est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour s’assurer la réussite des élèves.C’est pour cela qu’il faut voir avec les IA comment les enseignants évoluent, pour enseigner et faire réussir autrement.

- Enfin, à propos de la liaison des temps périscolaire / scolaire, oui, il y a des difficultés : elles ne sont pas insurmontables.

Qui n’est pas sur la même planète que qui ?!

BILAN DES DÉPARTEMENTS

Pour ce qui concerne la Savoie, l’IA a présenté les retours de l’enquête, spécifique à la Savoie, faite auprès des 411 écoles (souvenez-vous, le questionnaire à remplir après 3h d’animation pédagogique sur l’analyse de la réforme). Il y a eu 95 % de retour.

Il s’agit donc de « données concrètes et objectives », a-t-il rappelé plusieurs fois.

- les matinées de 3h effectives sont un temps de classe souhaité et apprécié

- la maternelle relève d’une réflexion particulière, quant à l’organisation des après-midi, et la place de la sieste

- la place des TAP en fin de semaine seraient une réponse à la fatigue des élèves ; des horaires réguliers avec une fin de semaine allégé seraient appréciés des enseignants

- des séances de 45 mn d’APC apparaissent comme un temps adapté ; il faut poursuivre la réflexion sur la clarification du rôle des APC

- 50 % des élèves du département participent à des TAP (52,55 % exactement) ; parmi eux, environ 78 % le font en fin d’après-midi

- le suivi de la réforme fait l’objet d’une instance spécifique dans un tiers des communes

- la réflexion entre partenaires, quand elle a eu lieu, a porté sur les éléments organisationnels, pas sur les contenus éducatifs (donc les contenus ne sont pas assez réfléchis, quelque soit le domaine) ; l’IA souligne l’importance de réfléchir aux contenus et à la continuité des différents temps, ce que doit permettre le PEDT

- 50 % des enseignants font français / maths et EPS le matin

- 37 % des écoles modifient l’emploi du temps du mercredi matin, par rapport aux autres matinées

- 27 % des élèves de Savoie ont participé à des aPC au 1er trimestre, essentiellement pour de l’aide aux élèves en difficulté ; il existe une légère prépondérance pour le positionnement des APC en fin d’après-midi.

Ben avec ça...

ÉVALUATION DES EXPÉRIMENTATIONS (DÉCRET HAMON)

13,8 % des écoles ont opté pour l’expérimentation (323 sur 2345 écoles dans l’académie). Parmi elles, 126 ont libéré le vendredi après-midi, soit 5,2 % des écoles.

Les indicateurs étudiés, auprès d’un échantillon de 177 écoles (tous types d’horaires, « classiques », « dérogatoires » ou « Hamon ») sont :

- les taux d’absentéisme sont équivalents, quelque soit l’organisation adoptée. A noter, un taux d’absentéisme plus faible le vendredi matin, quand l’après-midi est libéré.

- Il y a une nécessité de travailler sur les emplois du temps, pour revoir la place des apprentissages et le typologie des activités : actuellement, il n’y a pas de différence sensible selon l’organisation horaire.

- L’utilisation du mercredi matin : s’agit-il d’activités différentes ou non ? Dans le cas des expérimentations, le constat est que le mercredi matin sont reportées les activités qui auraient lieu sur l’après-midi libéré. Il n’y a pas de réflexion sur cette matinée.

- La place de la récréation

- au niveau du rythme de l’enfant, les journées sont lourdes dans le cadre du décret Hamon ; les questions qui se posent le plus concernent la maternelle, la place de la sieste

- l’allongement de la pause méridienne : en maternelle, cela pourrait permettre justement de placer la sieste sur le temps périscolaire, et libérer du temps d’apprentissage l’après-midi, mais ce n’est pas utilisé. Il y a plutôt une tendance à vouloir réduire cette pause méridienne.

- Les difficultés de disposer de ressources humaines, la difficulté de disposer de locaux, la difficulté liée aux transports scolaires, notamment quand il y a un après-midi libéré

- pour le travail d’équipe, c’est le point positif du décret Hamon, quand les enseignants acceptent de se réunir sur l’après-midi libéré, ça peut être positif et intéressante

- les APC sont souvent placées sur la pause méridienne, y compris pour les journées de 6h. Cela pose question. Si les APC s’ajoutent aux journées de 6h, c’est long, et éloigné des objectifs de la réforme. Le taux d’adhésion des familles aux APC est massif, 90 %. Quelque soit l’horaire, la durée des APC varie entre 30 et 45 mn.

- Le taux de participation aux TAP est plus élevé quand l’après-midi libéré est le lundi / mardi et jeudi, il est plus faible le vendredi après-midi, qui sert plutôt d’allègement du week-end.

En conclusion, aucun élément objectif ne fait de différence significative selon les organisations choisies. Ces retours ne permettent donc pas de décider si une organisation est plus favorable qu’une autre.

LES PEDT

La condition pour une cohérence des temps de l’enfant renvoie à la co-construction du PEDT. Des démarches sont engagées avec les GAD, Groupes d’Appuis Départementaux, pour accompagner, informer et former les collectivités locales.

En Savoie, l’IENA recense 80 % des communes ayant un PEDT (ou en cours). De ce point de vue, le département se démarque du reste de l’académie, où le nombre de PEDT ne concerne qu’environ 30 % des communes ou EPCI.

Cela s’explique par le fait que plus de 50 % des collectivités du 73 étaient soumise au PEDT dès le départ, du fait d’horaires dérogatoires au décret Peillon, ou de l’expérimentation Hamon.

Toutes les communes sont engagées dans cette réflexion. Il reste à (re)lancer une réflexion sur le volet citoyenneté dans le cadre de ces PEDT.

En conclusion, le Recteur remercie les élus pour leur investissement. Il entend leurs inquiétudes, et annonce que l’Éducation Nationale reviendra vers les conseils départementaux, quand les exécutifs seront élus, sur la question des transports.

Il parle de « projet partenarial » et de « favoriser les lieux de discussion ». Il travaillera sur un cahier des charges concernant les intervenants, pour clarifier leur rôle.

En termes de moyens, il faut travailler dans un cadre « d’efficience de la dépense publique ».

Des marges de progrès existent. Il croit beaucoup aux PEDT.

L’intérêt du comité de suivi académique est de comparer ce qui se fait. Il retient 3 axes de travail :

- il a demandé que dans chaque circonscription un travail soit mené sur les « temporalités d’apprentissage », comment ça s’organise (réorganiser son emploi du temps, quelle activité travaillée à que moment, etc)

- le renouvellement des expérimentations sera fait avec attention

- il faudra travailler à des évaluations en appui avec la recherche et impliquant les enseignants

Et sinon, "comment ça va sur la Terre ?"...

 

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