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20 janvier 2017

RAT DES VILLES OU RAT DES CHAMPS ? Quel avenir pour l’école rurale ?

Il y aurait donc deux types de rongeurs dans notre belle contrée : ceux dont les enfants dépendent de l’École implantée en ville ou dans une métropole et ceux qui ont choisi (ou pas) de rester à la campagne ou à la montagne.

Les premiers sont scolarisés dans une école de 4 classes et plus, et les seconds dans des petites écoles de 1 à 3 classes.

Jusqu’en 2014, date de la signature de la première Convention rurale dans le Cantal, la répartition du nombre de postes se faisait dans les instances paritaires, de l’échelon ministériel jusqu’à l’échelon académique puis départemental (Comité Technique spécial départemental - CTsD - et Conseil Départemental de l’Education Nationale - CDEN), lors desquelles était pris en compte en priorité, (mais pas seulement), le nombre d’élèves dans chaque école afin de répartir les postes. Même si le seul critère démographique ne suffit pas, il y a avait là une sorte d’équité.

M. Campagnol, qui a en charge une petite école, avec plusieurs niveaux dans sa classe, s’est trouvé fort dépourvu quand il a appris, dans le canard local, que son territoire dépendrait désormais d’une convention rurale ou protocole d’aménagement du territoire…. En effet, en dehors de toute instance, du regard des organisations syndicales représentant les personnels et non plus les représentants des parents d’élèves, le Rectorat, le Préfet et une association des maires ont décidé de regrouper, regrouper, regrouper sur les territoires ruraux. D’une durée en général de 3 ans, cet accord prévoit sur un territoire rural donné (et pas forcément départemental) le maintien du nombre de postes à condition que les collectivités territoriales s’engagent à concentrer les écoles.

Autant dire que M. Campagnol, qui voit son bassin de vie se dépeupler, s’est dit : « Quelle chance !, nous, nous allons garder nos postes !! »

Seulement, voilà, le village voisin dans lequel va être déplacée son école est à plus d’une demi-heure de route. « Qu’à cela ne tienne, nos petits ratons campagnards et montagnards ont l’habitude de se déplacer … » Et hop, toute la petite troupe se retrouve à faire au minimum une heure de bus matin et soir et peut, de ce fait, observer le paysage dès la maternelle… » Le Maire de M. Campagnol n’ayant plus que ses yeux pour regarder passer le bus… et espérer que le vilain renard ne se mette pas en travers du car et provoque un accident…

Mme Souris, qui elle aussi a en charge une école rurale mais dont le territoire ne dépend pas d’une convention rurale, n’y a pas droit. Ses petits rongeurs dont le maire, en grand empêcheur de tourner en rond, a refusé de signer, ne se verront pas allouer le « bénéfice » de cette convention et subiront des fermetures de classe.

Estimant que le bonheur était dans le pré, l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), lors de son congrès National de St Vincent de Boisset (oui, oui, c’est à la campagne, dans la Loire…) a pris une motion cinglante contre ces conventions. « L’intention de l’Etat est aujourd’hui traduite par les Conventions dites improprement « Ruralité » qui sont le faux-nez d’une menace grave sur de nombreuses écoles rurales. Les Maires ruraux dénoncent la méthode infantilisante et cynique. Imposer une logique de concentration sur tous les territoires, sans tenir compte de ses spécificités, ne saurait être accepté. » Oui, mais voilà, ils n’ont pas été invités à la signature des conventions…

Mme La Ministre, qui, c’est bien connu, est une rate des villes s’il en est, a même, cette année, bloqué 100 postes au nom de la ruralité à distribuer, en dehors du contrôle des instances, aux gentils signataires de conventions. Tant pis pour les autres…

Les ratons du 03, 04, 05, 07, 09, 12, 15, 16, 19, 23, 24, 32, 43, 46, 58, 64, 65 (si vous ne connaissez pas votre géographie rurale, c’est le moment de la revoir…) sont déjà concernés par ces conventions. On y voit même fleurir des « cités scolaires » regroupant école maternelle, élémentaire et collège (« nouveaux cycles », vous avez dit, « nouveaux cycles »…) …et pourquoi pas la Poste, le Trib… non la maison de la Justice aussi…

Or, à cette heure, nous apprenons que les ratons des montagnes de Savoie seront bientôt concernés… Les rats du SNUipp-FSU s’y opposeront sous prétexte d’égalité… car il y aura donc trois types de rongeurs dans notre belle contrée : les rats des villes, les rats des champs et les rats des champs conventionnés…

Extrait du « Le Rat de ville et le Rat des champs ; Jean de La Fontaine

"- C’est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi :
Ce n’est pas que je me pique
De tous vos festins de Roi ;
Mais rien ne vient m’interrompre :
Je mange tout à loisir.
"

- Lire aussi : rentrée 2017, des dotations en trompe l’oeil. http://73.snuipp.fr/spip.php ?article2534

 

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