www.snuipp.fr

SNUipp-FSU de la Savoie

Navigation

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Carte scolaire 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
20 janvier 2017

Rentrée 2017 : des dotations en trompe l’oeil

Le Comité Technique Académique réuni le 18 janvier au rectorat de Grenoble a validé la répartition par département des 115 postes alloués à l’académie pour la préparation de la rentrée 2017.

La Savoie se voit octroyer +1 poste. Comme « priorité au primaire », on a connu mieux. Certes, le résultat aurait pu être plus indigeste, quand on sait que notre département perd des élèves : - 483 enfants scolarisés dans les écoles publiques à la rentrée 2016, et une nouvelle baisse annoncée de – 210 élèves prévue à la rentrée 2017. La dotation aurait donc pu être nulle, ou pire. Pour autant, il n’y a pas de quoi se gargariser ! Le changement n’est décidément plus pour maintenant, et on attendra encore pour voir des améliorations concrètes sur le terrain en termes d’exercice du métier pour les enseignants des écoles, et d’apprentissage pour les élèves. A ce seul poste près, toute la carte scolaire 2017 se fera à moyens constants, donc forcément à flux tendus. Pas de quoi baisser les effectifs dans les classes, réhabiliter les RASED, augmenter le nombre de remplaçants, créer les postes d’ULIS nécessaires à l’accueil des élèves en situation de handicap (alors que les effectifs explosent), préserver les écoles rurales et de montagne de proximité…etc, etc.

C’est à ce moment-là qu’il est opportun de rappeler que la loi montagne, qui a été votée le 21 décembre dernier, précise dans son article 8 ter : “Le nombre d’enseignants du premier degré affectés à chaque département par le recteur d’académie est déterminé en prenant compte les effectifs scolaires liés à la population des saisonniers”. Alors, certes, la Savoie comptabilisera 210 élèves en moins selon les prévisions, mais si on y ajoute les 320 saisonniers attendus, on arrive au contraire à +110 élèves pour 1 seul petit poste supplémentaire. Que fait la rectrice ?!
Eh bien, elle a annoncé que notre département bénéficiera de + 5 postes supplémentaires au titre de sa ruralité. De prime abord, cette nouvelle pourrait nous réjouir. Sauf que…
… Ces postes sont soumis à la signature d’une « convention rurale », ingénieuse invention s’il en est. Ces nouvelles conventions rurales, pour lesquelles une réserve de 100 postes avait été constituée au niveau national, s’élaborent de manière opaque.

Un rapide historique s’impose : jusqu’en 2014, date de la signature de la première convention rurale dans le Cantal, la répartition du nombre de postes se faisait dans les instances paritaires, de l’échelon ministériel jusqu’à l’échelon académique puis départemental (Comité Technique spécial départemental - CTsD - et Conseil Départemental de l’Education Nationale - CDEN), lors desquelles était pris en compte en priorité, (mais pas seulement), le nombre d’élèves dans chaque école afin de répartir les postes. Même si le seul critère démographique ne suffit pas, il y a avait là une sorte d’équité.
Désormais, tout ou partie d’un territoire dépendra d’une « convention rurale » ou « protocole d’aménagement du territoire ». En dehors de toute instance, donc du regard à la fois des organisations syndicales représentant les personnels mais également des représentants des parents d’élèves, le Rectorat, le Préfet et une association de maires pourront décider de signer une convention de ce type, et regrouper les écoles sur les territoires ruraux. En effet, d’une durée d’environ 3 ans, cet accord prévoit sur un territoire rural donné le maintien du nombre de postes à condition que les collectivités territoriales s’engagent à concentrer les écoles.
Traduction : moins de petites écoles de proximité et plus de « grosses » écoles sur une commune donnée, impliquant de plus amples trajets pour les écoliers. Et voilà nos petits élèves savoyards se retrouvant dès la rentrée 2017 à faire de ci de là une heure de car matin et soir, sur nos sympathiques routes de montagne si bucoliques et peu dangereuses…

L’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), lors de son congrès National de St Vincent de Boisset a pris une motion cinglante contre ces conventions. « L’intention de l’Etat est aujourd’hui traduite par les Conventions dites improprement « Ruralité » qui sont le faux-nez d’une menace grave sur de nombreuses écoles rurales. Les Maires ruraux dénoncent la méthode infantilisante et cynique. Imposer une logique de concentration sur tous les territoires, sans tenir compte de ses spécificités, ne saurait être accepté. »

Parmi ce qui nous semble être une aberration, les départements ruraux du 03, 04, 05, 07, 09, 12, 15, 16, 19, 23, 24, 32, 43, 46, 58, 64, 65 qui sont déjà concernés par ces conventions ont parfois même vu fleurir des « cités scolaires » regroupant école maternelle, élémentaire et collège ; ailleurs, la conséquence, gravissime, ce sont aussi des enfants de 3 ans qui ne sont plus scolarisés, à cause du temps de transport scolaire.

La Savoie, plus montagnarde que rurale, échappait encore jusqu’ici à cette logique. Cette fois, c’en est fini : une ou des convention(s) rurale(s) seront signées pour la rentrée 2017, en-dehors de toute concertation avec la communauté éducative, et tout particulièrement les enseignants et les parents. Les « bons élèves » signataires seront récompensés grâce à la dotation spéciale de 5 postes, sans qu’on sache sur quels critères exactement ces moyens seront répartis, ni qu’on soit informé de quoi que ce soit, si ce n’est par la presse locale.
Pendant ce temps là, ailleurs dans le département, les « vilains » qui auront refuser de signer continueront de voir leurs classes ou leurs écoles fermer, faute de moyens suffisants pour assurer partout sur le territoire et en toute équité, un service public d’éducation de qualité et accessible à tous. Inadmissible pour le SNUipp-FSU !

En bref, ces conventions se traduisent par une rationalisation des moyens qui se déclinent le plus souvent par des fusions d’écoles ou des RPI concentrés, avec à la clef la suppression des petites structures d’une à trois classes. Elles ne tiennent pas compte de l’intérêt des élèves, des familles et des enseignant-es, du maillage territorial et introduisent une iniquité de traitement au sein d’un même territoire. Le SNUipp-FSU ne peut accepter un tel processus mené au pas de charge, sans concertation avec les premiers concernés ou s’accompagnant d’un chantage aux postes.

Les instances départementales seront consultées sur la préparation de la rentrée 2017 les 6 (CTsD) et 14 (CDEN) février prochain.
D’ici là, le SNUipp-FSU se mobilisera pour le maintien d’une école rurale de proximité au service des élèves et des familles. Le SNUipp-FSU prendra contact avec l’AMRF et la FCPE pour avancer ensemble sur cette question.

Chambéry, le 19 janvier 2017

- A lire sur notre site : Rat des villes ou rat des champs http://73.snuipp.fr/spip.php ?article2533

 

77 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp-FSU 73 Maison des Syndicats 77, rue Ambroise Croizat 73000 CHAMBERY
Tel : 04 79 68 91 65 Fax : 04 79 68 93 47 Email : snu73@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU de la Savoie, tous droits réservés.